Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
Parti Socialiste Boulogne-Billancourt

Exonération des heures supplémentaires : en finir avec cette mesure à contre-emploi !

Par Laurianne Rossi.

WebAnalytics

Après le triste record annoncé en janvier 2009 de 90 000 chômeurs supplémentaires, le mois de février accuse une nouvelle hausse de plus de 80 000 demandeurs d’emploi. Le nombre de chômeurs augmente désormais à un rythme inégalé, atteignant ainsi en deux mois les deux tiers des prévisions officielles pour six mois !

Et il est illusoire d’espérer une inversion rapide de cette tendance : 6 entreprises sur 10 affirment aujourd’hui être directement touchées par la crise, ce qui signifie qu’elles devront prendre demain des décisions sur l’emploi. Pour l’heure, les annonces de plans sociaux se multiplient : Alcatel, Seb, Continental, Total, Goodyear, Fnac, Amora…

Face à une situation aussi alarmiste, le gouvernement refuse de revenir sur le dispositif d’exonérations sociales et fiscales des heures supplémentaires, mis en place par la loi TEPA d’août 2007. Comment peut-il s’entêter à maintenir un tel dispositif, pour un coût annuel de 4,5 milliards d’euros, quand des centaines de milliers de suppressions d’emplois sont annoncées pour les mois qui viennent ?

La France est le seul pays au monde à avoir institué un système de destruction d’emplois financé par des fonds publics ! En effet, le nombre d’heures supplémentaires effectuées a augmenté de près de 40 millions entre le 4e trimestre 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à temps plein !

Véritable effet d’aubaine pour les entreprises (le recours aux heures supplémentaires devenant moins cher que l’embauche), ce système s’est d’ores et déjà révélé totalement contreproductif en matière de lutte contre le chômage et tout à fait inefficace en termes d’augmentation du pouvoir d’achat. Plus qu’un frein à l’emploi, il s’agit d’une prime à la non-embauche, touchant directement les détenteurs de CDD, les intérimaires et les salariés à temps partiels. Quant à l’amputation des recettes de la sécurité sociale résultant de ces exonérations, ce sont à nouveau les salariés qui devront financer la baisse de cotisations !

Le Parti socialiste réclame depuis plusieurs mois la fin de ce dispositif et l’instauration immédiate de mesures de soutien aux revenus des chômeurs et d’aide à la reconversion : prolongation de 6 mois de la durée d’indemnisation sur la base de 80 % du salaire, extension des contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et allongement de la durée d’indemnisation à deux ans, augmentation du coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions pour éviter les licenciements de pure convenance.

Quand le gouvernement acceptera-t-il de revenir sur cette politique dont il sait pertinemment qu’elle est une erreur ? Il est urgent d’abroger cette disposition qui, dans le contexte de récession économique actuel, est un véritable facteur d’aggravation du chômage !

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *