Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
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Etat des lieux du logement en France : une augmentation des prix sans précédent

Par Xavier DUPLAT secrétaire de section de Boulogne-Billancourt


Si l’on devait résumé la crise du logement par un chiffre, ce serait celui-ci : la hausse des prix du logement en France est supérieure de 75 % à celle des revenus depuis 1998. Le ratio prix du logement-revenus, stable depuis 1965 jusqu’à la fin du précédent millénaire autours de 2,9 (+/- 10 %) a atteint aujourd’hui 4,5.

A cela, bien sûr, une principale explication : le déficit, en particulier dans les grandes zones urbaines, de construction de logements de tous types au regard de la demande. En 30 ans, la France a vu sa population augmenter de 20 % (de 50 à 60 millions), et l’on devrait atteindre dans 40 ans les 70 millions d’habitants. Se rajoute à cela, en particulier dans les villes, une plus grande atomisation de la population (plus de célibataires, de familles monoparentales …) Au bilan, une augmentation du nombre de ménages de plus de 30 % en 25 ans (de 19 millions en 1980 à 26 millions en 2005), et donc une demande de logements à l’avenant.

Pour répondre à cette forte demande, les lois de l’économie pure, si elles correspondaient à la vrai vie, feraient que l’offre et la demande s’équilibreraient naturellement pour y faire face, contenant les hausses de prix. Il n’en est rien, en particulier dans notre pays. Alors que la hausse des prix est entamée depuis 1997, la construction de logements neufs est restée à des niveaux historiquement bas jusqu’en 2003 (et force est de constater que nous, socialistes, avons également notre part de responsabilité dans cette situation). Quant à l’augmentation récente,  elle n’a rien d’exceptionnel : le nombre de 430.000 logements mis en chantier en 2005 reste très éloigné des maxima historiques atteints en France entre 1970 et 1975, à plus de 500.000 unités annuelles, avec un prix de marché alors au plus bas. Le nombre de logements manquants dans notre pays est aujourd’hui évalué à 800.000 par la fondation Abbé Pierre.

Le risque serait qu’aujourd’hui, la crise économique qui induit une baisse importante du nombre de transactions immobilières et donc amorce un début de détente sur leurs prix, serve de prétexte au gouvernement pour stopper l’effort. C’est à dire chercher à accentuer le déficit de logement pour faire repartir les prix à la hausse et contenter les propriétaires immobiliers. Ce serait scandaleux, monsieur Sarkozy. Cela accentuerait le nombre de mal logés, notamment en région parisienne et pour les primo-accédants une garantie de travailler plus pour moins de pouvoir d’achat donc gagner moins. Cela signifierait ne pas tenir vos promesses en favorisant la valeur capital sur la valeur travail.

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