Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
Parti Socialiste Boulogne-Billancourt

JEAN-PAUL HUCHON ET MARTINE AUBRY AU CIRQUE D’HIVER


Chère Martine, Cher Bertrand, Chère Anne, Chers amis, Chers camarades,

Je suis particulièrement heureux de vous retrouver, à quelques heures du premier tour, avec toi, Martine, avec toi Bertrand, ici à Paris.

Ce soir, je veux m’exprimer devant vous, chers amis, vous qui avez mené campagne sans relâche depuis des mois pour convaincre les Franciliens de se mobiliser pour la gauche en Ile-de-France. Merci à vous pour votre engagement, votre dynamisme et votre envie. Si nous en sommes là, aujourd’hui, c’est grâce à vous. Il y avait longtemps que je n’avis pas connu une mobilisation pareille, un plaisir de se battre et d’être en campagne. Mais, ce soir, je veux aussi parler à ceux qui ne sont pas là, ces Franciliens que j’ai rencontré sur le terrain, lors de porte-à-porte, lors de réunions publiques et qui m’ont fait part de leur inquiétude et de leur colère. Les franciliens sont inquiets parce que la crise sociale est là et qu’elle frappe durement.

Ils sont aussi en colère parce que l’action du gouvernement non seulement ne répond pas à la crise mais aggrave les inégalités. A ceux-là, je veux leur dire que le 14 mars prochain, ils ont la possibilité d’ancrer notre Région à gauche dès le premier tour, et de lancer un signal fort au gouvernement. Ils ne doivent pas s’abstenir. A vous, je veux vous dire que d’ici au 14 mars, il va nous falloir aller chercher les voix une par une, dans chaque département, dans chaque ville, dans chaque immeuble pour faire mentir ceux qui annoncent une abstention forte. Voilà le travail qu’il nous reste à faire, si nous voulons concrétiser les efforts produits pendant notre campagne. Une bonne campagne, je crois.

Cette campagne justement, a été une longue histoire. Rappelons-nous ce qui nous était annoncé il y a encore quelques mois. La droite avait fait de la victoire en Ile-de-France sa priorité, la gauche s’annonçait divisée et certains même pensaient ravir la Région-capitale comme un glorieux trophée. Face à nous, nous avons eu trois anciens ministres et quatre ministres en exercice. Et comme si cela ne suffisait pas, le Président de la République, alors qu’il avait promis de ne pas se mêler des régionales, se comporte aujourd’hui comme le directeur de campagne de Madame Pécresse. Face à nous, nous avons eu les inquiétudes de ceux qui ne voyaient pas le Parti socialiste se relever des élections européennes, nous avons eu ceux qui doutaient de notre capacité à rassembler et à mener bataille, nous avons eu ceux qui étaient prêts à tout, oui tout, pour nous faire chuter.

Ce soir pourtant, après des mois de campagne, je veux affirmer avec fierté que les socialistes et leurs alliés sont présents et rassemblés. Oui, nous sommes là et la victoire est à portée de main. Si nous en sommes là, c’est parce que nous avons été aux côtés des Franciliens pour construire avec eux le bouclier social dont ils ont tant besoin. Si nous en sommes là, c’est parce que pendant des mois, nous avons vu ces jeunes qui souhaitent accéder à un emploi pour s’en sortir, nous avons rencontré ces responsables de PME qui se battent pour maintenir des emplois et leurs activités, nous avons échangé avec ces infirmiers, ces enseignants qui assurent un service public de qualité alors même que leurs conditions de travail se dégradent.

D’ailleurs, au moment où je vous parle, le siège de l’APHP est occupé par le personnel. Durant cette campagne, nous avons senti une formidable attente en direction de la Région au moment où l’Etat ne répond plus présent. Et nous avons choisi d’y répondre. Autour de moi, nous avons rassemblé des socialistes, des radicaux de gauche, les amis de Jean-Pierre Chevenèment et de Robert Hue, des experts et des acteurs de la société civile. Nous avons rassemblé la gauche car nous souhaitons rassembler l’Ile-de-France. Oui, alors que la droite propose des listes aux couleurs du gouvernement, nous avons proposé des listes aux couleurs de l’Ile-de-France. Si nous en sommes là, c’est parce que nous avons mené une campagne fraternelle. Car le combat politique, ce n’est pas seulement un combat d’idées, c’est aussi une histoire d’hommes et de femmes engagées. On dit beaucoup bataille, guerre, combat… Moi je parle de rencontres, d’amitiés retrouvées, de bonheur d’être ensemble, de réconciliation. Or, je vous l’ai dit, durant cette campagne, rien ne nous a été épargné : les coups bas, les mensonges, les attaques personnelles. Ali SOUMARE, notre tête de liste dans le Val d’Oise, a été diffamé, il a été l’objet de manipulations sordides. Ce jeune homme, on a voulu le briser, comme un symbole de cette jeunesse qui est l’avenir de notre Région.

La droite est donc prête à tout pour ravir la Région à la gauche. Mensonges caricaturaux, débauches de moyens gouvernementaux, refus de débattre. Mais derrières ces attaques odieuses, ce sont bien deux visions de l’Ile-de-France, de notre société, qui s’opposent aujourd’hui. Il n’y a qu’à voir ce fameux projet de Grand Paris, porté à bout de bras par Nicolas Sarkozy. Leur seule proposition : le Grand Paris, contre Paris, contre tous les départements, contre la Région, contre tous les élus d’Ile-de-France, un projet pour 2035 sans concertation ! Ce qui se joue lors de cette élection, c’est aussi l’avenir de nos collectivités locales, comme le sait aussi mon ami Bertrand DELANOË. Ce qui est en jeu, ce sont les fondements même de la décentralisation, de la démocratie locale, de l’efficacité et de la proximité des services publics dont nous avons tant besoin. Face à cette droite qui oppose, nous proposons une démarche qui unit, qui ouvre des espaces de coopération, de reconnaissance mutuelle. Nous signons des contrats pluriannuels avec tous les départements, nous votons un grand plan de mobilisation pour les transports…

Face à une droite qui inquiète et disloque le pacte social et républicain, nous défendons une autre vision de la politique et de la vie en société apaisée, réellement à l’écoute, capable de libérer les énergies. Face à une droite qui impose, nous privilégions le débat, l’initiative et le respect. Voilà notre identité politique, voilà la philosophie de ce que je veux faire de la Région Ile-de-France. Je propose un projet cohérent, concret, un véritable contrat fondé sur la vision d’une Ile de France réconciliée, rassemblée autour de 3 objectifs : l’égalité des chances pour tous les citoyens, la lutte contre toutes les formes de disparités territoriales, une cohésion sociale fondée sur de nouvelles solidarités. A contrario, le gouvernement, lui, exacerbe les tensions, accroit les inégalités. Du « travailler plus pour gagner plus », nous sommes passés à « licencier plus pour spéculer plus» ! Valérie Pécresse n’a d’autre programme que de mettre les moyens de notre Région au service de la politique de Nicolas Sarkozy. Elle ne parle que de lui, elle ne parle pas des Franciliens. Et demain, cette politique, nous le savons, ce sera austérité, liquidation des acquis et des retraites, et comme toujours, cadeaux aux mieux lotis.

A cette droite qui n’entend que concurrence et finance, nous opposons un bouclier social, une Région qui traite avec la même volonté, le même élan, justice sociale, ambition économique et impératif écologique. Notre ambition est de donner à chacun, au quotidien, les moyens de trouver sa place et de construire sa vie. Nous proposons plus de 320 mesures.

Ainsi, dans les transports, nous avons plus réalisé en trois ans que l’Etat en trente ans. Nous accentuerons notre action pour des transports modernes, réguliers, propres, accessibles et sûrs. Nous moderniserons tous les RER. Nous achèverons six lignes de tramways, notamment, à Paris, le tramway des Maréchaux. Nous prolongerons trois lignes de métro. Nous en finirons avec la saturation de la ligne 13.

Pour l’emploi, nous soutiendrons les filières innovantes et la transition écologique de notre économie. Nous entrerons au capital de PME stratégiques ou en difficulté. Nous soutiendrons les entreprises à tous les stades de leur existence.

Nous proposerons un pacte régional qui permettra la construction de 60 000 logements par an. Nous créerons 20 000 logements pour les jeunes et 60 000 places pour les personnes en situation de handicap. Nous proposerons un pacte pour les maires bâtisseurs, avec la mise à disposition gratuite des terrains, et les financements d’équipements sociaux nécessaires.

Nous donnerons aux Franciliens les moyens d’accéder à une écologie du quotidien. Nous soutiendrons les énergies renouvelables et financerons l’isolation thermique et phonique des logements sociaux. * Nous proposerons un parcours d’autonomie des jeunes par le financement d’une mutuelle santé, d’une caution solidaire pour le logement, l’extension d’Imagin’R et la gratuité des transports pour les jeunes en insertion.

Nous consacrerons un milliard à la santé, notamment pour la rénovation des Urgences, la prévention et la lutte contre la maladie d’Alzheimer et l’installation de jeunes médecins là où il en manque. Notre projet, ne l’oubliez pas, se traduit aussi par un gain de pouvoir d’achat, des dépenses en moins pour les jeunes, pour les familles, des investissements pour des chantiers, des travaux qui créent de l’emploi. Voilà ce que nous proposons, voilà ce que nous défendons, une région innovante et ouverte sur le monde, solidaire et fraternelle, métissée et généreuse, une région où il fasse bon vivre pour tous. C’est en effet trop facile de proposer plus de crèches, plus de logements sociaux, plus de formation notamment pour le personnel hospitalier ; quand on appartient à un gouvernement qui casse le service public, qui considère les crèches comme des consignes à bébés, qui refuse d’écouter les enseignants, les infirmiers, les médecins, les postiers, les agriculteurs …

Mes amis, ce projet, soyons-en fiers. Ce projet, portons-le.

Jusqu’au dernier moment, allons à la rencontre des Franciliens. Débattons. Persuadons. Faisons voter, dès le 14 mars, en faveur de notre liste de la gauche pour l’Ile-de-France, la seule qui puisse l’emporter contre l’UMP. Evidemment, cette victoire face à la droite, nous la construirons demain avec tous nos partenaires. Nous serons en capacité de rassembler largement autour de notre projet. Pour Valérie Pécresse, c’est tragiquement simple : elle est seule, elle n’a pas de réserves de voix, pas de dynamique. Et, je vous le dis, nos retrouvailles avec les Verts, avec nos amis communistes seront naturelles, notre unité, elle, ne sera pas de façade. Nous avons déjà tant œuvré ensemble, nous avons tant agi pour les Franciliens, que nous saurons leur proposer un avenir commun : l’alliance de tous, d’où qu’ils viennent, quels que soient leurs histoires et leurs projets. L’Ile-de-France juste, l’Ile-de-France ensemble. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de justice pour tous. Et non de mensonges, d’irresponsabilité, de désinvolture, de ce clinquant alors que notre pays souffre, que les français attendent des réponses concrètes. Qui peut encore croire l’homme qui veut mettre Camus au Panthéon et les étrangers dans un charter ? Alors oui, je suis un homme révolté. Plus je grandi en âge, plus je suis révolté. Comme Léon Blum qui disait « Ma révolte contre l’injustice est aussi vieille que ma conscience ». Et je veux que, demain, cette révolte, notre révolte, se retrouve dans les urnes. Et pas seulement cette révolte. Mais aussi un grand besoin de fraternité, de réconciliation. Une société plus douce, plus humaine dans une Ile-de-France forte, qui protège et qui avance. Alors, oui, Martine, tu auras eu raison de dire, le Parti socialiste est de retour, la gauche est de retour ! Le 14 mars, oui nous le pouvons !

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *