Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
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Le futur a encore de l’avenir

Parfois, il arrive de passer une journée où on se dit que quelque chose cloche sans jamais le toucher du doigt. Comme ces changements qui insidieusement bouleversent notre vie, nous choqueraient si on se relevait dix ans après mais qui dans la continuité ne nous font pas grand chose. C’est la fameuse expérience de la grenouille qui si on chauffe son eau progressivement se laissera cuire alors que si on la plonge dans de l’eau bouillante, elle en ressortira aussitôt.

Si je devais mettre un mot derrière ce sentiment étrange, qui s’est distillé insidieusement, c’est le mot « déprime », celle qui caractérise les lendemains de cette France Sarkozienne du « on allait voir ce qu’on allait voir ». Sans doute, l’élan du nouveau millénaire et des espoirs de grands progrès associés ont fait florès. Non que progrès il n’y eut pas, mais que celui-ci ne créa pas une société meilleure, bien au contraire. Un miroir aux alouettes finit par ne rien renvoyer, comme les gesticulations post-crise des sub-primes du « on allait voir ce que l’on allait voir » et on a vu : rien ou si peu. Les banques et les traders sortent de la crise, touchent leurs primes mirobolantes quand l’économie réelle reste embourbée. Le chômage et la précarité s’amplifient dans notre pays, quand tous les indicateurs montrent que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de s’amplifier. On ne touchera pas au bouclier fiscal qui fait que les seuls qui ne feraient pas d’effort pour combler la dette de l’état que l’on a laissé s’accumuler sont les 16 000 foyers les plus riches de ce pays.
A cette suite, la gifle infligée au gouvernement par ces élections régionales était prévisible et elle fut bien sonore. Comme il n’est pire sourd qui ne veut entendre (la gifle est peut-être tombée trop près de l’oreille), il semble que le cap sera conservé envers et contre tout, même certaines oppositions internes.

Et nous ? J’avais peur que l’on s’enflamme comme suite à la victoire de 2004 qui avait laissé place au désordre. Et j’ai vu des gens graves, sans goût excessif pour la fête. Non pas de la déprime, mais le sentiment de devoir se concentrer pour ce qui est notre devoir pour les 2 ans qui viennent : construire un projet, dans la cohésion. Un projet qui puisse faire que demain, notre pays se lèvera en se disant que le futur a de l’avenir. Faire de la politique n’a de sens qu’avec cette volonté.

Xavier DUPLAT

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