Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
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Les Bettencourts en vacances à Roms


Je ne sais pas pour vous, mais ce que j’aime dans les vacances d’été, c’est la possibilité de décrocher vraiment de notre vie quotidienne : on a le temps. Le temps de sortir du cercle des habitudes qui permet en retour d’en vérifier le bien-fondé.
Ce temps, cette prise de distance pour reprendre un élan salvateur, c’est ce qui aurait été utile pour notre pays. Las, le mode de gouvernance « aux faits-divers » est resté cet été et restera la marque de fabrique de l’ère sarkozienne. Cela, ainsi que la crise morale (à prendre dans ses deux sens) qui n’en finit plus. On compare l’affaire Bettencourt aux meilleures romans de Balzac dans la description d’une bourgeoisie dévoyée et immorale. Elle illustre aussi une France qui s’est confortée dans une aisance qui s’hérite et non plus qui s’acquiert. L’ascenseur social est à l’image de ceux que l’on retrouve souvent dans les HLM : en panne.
Notre président ne s’en laisse pas démonter et profita des faits-divers grenoblois pour faire coup double : effacer médiatiquement les questions sur l’implication de Woërt dans l’affaire Bettencourt et repositionner ce qui reste son thème fétiche, malgré une hausse des violences aux personnes de 20 % pendant son mandat : l’insécurité. Ce coup-ci, petite nouveauté : l’accouplement clair du thème de la sécurité avec celui de l’immigration et, plus précisément, la stigmatisation d’un peuple : celui des Roms. Sa solution : leur expulsion vers leurs pays d’origine, même si le pays est ressortissant de la CEE, même en l’absence de casier judiciaire.
Peut-on s’étonner des réactions du comité pour l’éliminations de la discrimination raciale (CERD), organe de l’ONU et de beaucoup de journaux partout dans le monde ? Doit-on taire que nous vivons par là même la victoire idéologique du FN ? Doit-on se résoudre au fait que la France, patrie des droits de l’homme, soit une référence à notre glorieux passé ?
En même temps, il faut éviter d’occulter que la sécurité est un vrai problème, particulièrement par les moins favorisés, habitants des nouveaux guettos urbains. Nous pensons que si les solutions curratives sont indispensables : punir vite et bien quand des méfaits sont commis; la part préventive, occultée par Sarkozy est indispensable pour une gestion dans la durée du problème. Casser les guettos, avoir une politique qui dans sa part répressive favorise les solutions qui minimisent les récidives, faire diminuer le taux de chômage dans les quartiers difficiles, les discriminations à l’emploi. Et de façon plus symbolique, montrer l’exemple au plus au niveau de l’état : les règles ne valent que si elles s’appliquent pour tous. Un peu sentencieux pour une rentrée des classes, mais utile pour repartir sur de bonnes bases.

Xavier DUPLAT
secrétaire de section Boulogne-Billancourt

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