Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
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Paris, imaginons ensemble la ville demain : 395 propositions


Par Chloé Jaillard

En présence de 300 personnes, s’est tenue à l’Hôtel de Ville le 8 décembre 2009 la restitution publique de la démarche d’écoute et de dialogue originale « Paris, imaginons ensemble la ville demain » lancée par la Ville de Paris au début de l’année 2009, à l’initiative d’Anne Hidalgo, en direction des habitants de Paris et de la métropole.

Un film a d’abord été projeté pour rappeler les quatre temps forts de la démarche :
une enquête filmée auprès de 141 habitants de la métropole, trois réunions publiques à l’Hôtel de Ville, auxquelles plus de 1 600 personnes au total ont pris part, deux ateliers citoyens ayant réuni 400 personnes et débouché sur la formulation de 395 propositions, la réunion publique du 24 juin 2009 autour des équipes de la consultation internationale sur le « Grand Pari(s) », à laquelle ont participé plus de 500 habitants.

Lien vers « Paris, imaginons ensemble la ville demain »
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Le Gaullisme économique si proche de nous, si loin de l’idéologie libérale de Sarkozy


Dialogue De Gaulle – Peyrefitte sur la politique économique française

A l’issue du Conseil, je demande au Général s’il fera de la politique des revenus l’un des thèmes de sa prochaine conférence de presse.

Général de Gaulle : Ah oui, je serai amené à en parler, et à parler aussi du dirigisme et du capitalisme. Il y a le choix entre l’ancien capitalisme libéral, qui n’est plus possible et n’est plus accepté. Il était injuste, par conséquent il n’en faut plus. Le système communiste n’est pas bon, car il écrase la personne humaine, il étouffe la liberté, et il ne rend pas les gens heureux. Et, en outre, il retire au développement économique un élément qui lui est essentiel, qui s’appelle l’initiative libre, et qui disparaît si on élimine le profit. Par conséquent, il faut arriver à trouver un système social et économique qui ne soit ni le communisme, ni le capitalisme. Eh bien, nous y sommes, et nous avons commencé à le pratiquer : c’est la politique des revenus.

Quand nous avons créé la Sécurité sociale, nous avons fait de la politique des revenus. Quand nous faisons les allocations familiales, nous faisons de la politique des revenus. Quand nous distribuons de l’argent à l’agriculture, nous faisons une politique des revenus. Quand nous organisons les rémunérations dans les entreprises nationalisées, nous faisons une politique des revenus. Quand nous prélevons des impôts sur les sociétés, nous faisons une politique des revenus. Et ainsi de suite.

Alain Peyrefitte : Vous voulez que la politique des revenus soit intégrée au Plan, qui respecte les libertés individuelles, mais qui les oriente ?

Général de Gaulle : Il les oriente vers cette répartition du revenu national, ou du surplus du revenu national, entre les catégories sociales ; mais en outre, vers la distribution des revenus entre les diverses activités économiques. On peut donner plus à l’agriculture et moins l’industrie, ça dépend. Plus à la montagne, et moins à la région parisienne. Plus au logement et moins à l’Éducation nationale. Ou l’inverse. C’est ça, la politique des revenus. C’est ça, le dirigisme. C’est pas autre chose. Et c’est ce que nous avons adopté.

Alain Peyrefitte : Aucun pays du monde occidental ne pratique vraiment ce système.

Général de Gaulle : Ce n’est pas la première fois que la France montrera la voie.

Janvier 1965

Extrait de « C’était de Gaulle » par A. Peyrefitte

L’allégement de la fiscalité des plus-values a coûté 20,5 milliards d’euros à l’Etat


C’est un lièvre à 20 milliards et demi d’euros – soit le bas de la fourchette du grand emprunt – qu’a levé le président PS de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Didier Migaud, en épluchant le rapport du ministère du budget sur les dépenses fiscales.

Dans une annexe de ce document, le député socialiste de l’Isère a découvert que les plus-values à long terme de cession de titres de participation avaient été exonérées en quasi-totalité de l’impôt sur les sociétés (IS). 6 200 entreprises ont bénéficié de cette « taxation au taux réduit » de 0 % à compter du 1er janvier 2007, ce qui a représenté un manque à gagner pour l’Etat de 20,5 milliards d’euros sur deux ans : 12,5 milliards en 2008 (au lieu des 4,3 milliards prévus fin 2008) et 8 milliards en 2009 (au lieu de 4,5 milliards attendus). Le « bleu » budgétaire sur les dépenses fiscales ne fournit aucun chiffre pour 2010.

Suite de l’article du Monde

Un autre monde


C’était il y a un an : la faillite de Leaman Brothers.
Le coup d’envoi officiel d’une crise qui couvait. On nous avait annoncé, promis, juré que si les états (donc nous) renflouaient les banques, c’était pour le bien de tous et que dès demain, on ne leur permettrait plus de se faire de l’argent au détriment de l’économie réelle. Le problème n’est pas que nous les ayons cru ou non. Le problème est que les réformes proposées restent à la marge. Que plus que jamais, si les banques se sont renflouées plus vite que l’économie réelle, c’est bien que leurs intérêts restent désespérément déconnectés de celle-ci. Que des produits financiers permettent de faire de l’argent en pariant sur la dégradation d’une entreprise, d’une monnaie, d’une économie et que rien n’a été fait pour les réglementer. Que d’autre part, l’argent qui leur a été alloué n’a été, en particulier en France, assujetti d’aucune contrepartie contractuelle.
Résultat : cet été, pensant que nous étions tous endormis, les banques évoquent la distribution de milliard d’euros à leurs traders.
Auront-ils une pensée pour les millions de chômeurs qui auront découlé de leur oubli de tout principe de prudence dans leur course au gain ?

Monsieur Sarkozy parle de l’immoralité de capitalisme : c’est bien. Construire les bases d’un autre monde, c’est mieux. Un monde où le secteur bancaire reviendrait dans son rôle premier qui est de permettre de financer les projets de l’économie réelle et non pas un parasite qui fixe ses règles sans contrôles et pour son seul profit.
Oui, l’action n’est pas le verbe. Notre ambition demain sera de défendre cet « autre monde », plus juste, plus morale et plus efficace. Pour cela, la pression des peuples ne sera pas de trop.

Xavier DUPLAT secrétaire de section Boulogne-Billancourt

Pour une nouvelle gouvernance mondiale, par Bertrand Delanoë

Le monde a perdu ses repères. Il y eut un modèle collectiviste : on sait où il a mené ceux qui, de gré ou de force, l’ont subi. Quant au modèle capitaliste, la crise en a révélé les dérives les plus insupportables, déstabilisant l’économie de la planète et surtout ses peuples. Or, faute de valeurs et de références, c’est le vide qui l’emporte. Ou le fanatisme religieux. Ou l’alliance nihiliste entre le capitalisme économique et la dictature politique. Ce monde tourneboulé est la proie de toutes les menaces. La fin des empires aurait pu engendrer un ensemble plus équilibré et plus harmonieux : il n’en est rien. Le terrorisme vient frapper les démocraties au coeur de leurs villes. Et l’enjeu du nucléaire n’est plus la dissuasion, c’est-à-dire la paix par la peur, mais la prolifération, et à travers elle, la « privatisation » de la menace.

L’enjeu est là : redéfinir un cadre, des règles, des instruments qui dessinent un avenir à ce XXIe siècle naissant, en se fondant sur le réel et en y associant tous ses acteurs. Le président brésilien Lula use d’une expression pour résumer ce défi : « Les dirigeants politiques doivent faire un saut qualitatif et ne plus répéter les erreurs du XXe siècle. » Dans cette optique, la France a assurément un message à porter, qui puise dans ses valeurs les plus profondes, à commencer par un attachement indéfectible à l’universalité des droits de l’homme.
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À l’initiative de Vincent Peillon, la Taxe Tobin revient au Parlement européen


Ce mercredi 2 septembre, au Parlement européen, Vincent Peillon a proposé l’instauration d’une « taxe Tobin verte », soutenu en cela par un grand nombre d’eurodéputés issus de toutes tendances (socialistes, verts, gauche radicale, libéraux et démocrates) ; le principe étant soumis au vote dès demain en commission du Développement.

Les négociations internationales en vue de la Conférence de Copenhague contre le changement climatique achoppent sur la question du financement de l’effort des pays en développement dont le coût est évalué entre 50 et 135 milliards de dollars par an. Moins de 500 millions de dollars ont pour l’instant été mis sur la table par les pays occidentaux, pourtant principaux producteurs de gaz à effet de serre.

Vincent Peillon, membre de la commission du Développement au Parlement européen, demande aux Etats et à la Commission européenne qu’ils prennent leurs responsabilités, mettant enfin leurs actes à la hauteur de leurs ambitions affichées, en s’engageant à défendre en décembre prochain à Copenhague la mise sur pied d’une taxe internationale sur les transactions financières dont les revenus seraient affectés aux besoins environnementaux des pays en développement : selon l’eurodéputé, « avec une taxe Tobin même limitée à un taux de 0,1%, nous pourrions déjà lever plus de 250 milliards de dollars par an pour lutter contre le réchauffement climatique, permettre à la moitié de l’humanité de continuer à se développer et initier une nouvelle ère de régulation du capitalisme global ».

Alors que les ministres des finances de l’UE se réunissaient aujourd’hui notamment autour de la question du financement de la lutte contre le changement climatique, la proposition de « taxe Tobin verte », si elle venait à être adoptée demain par le Parlement européen, serait un signal fort envoyé aux Etats et à la Commission, mais aussi à l’ensemble de nos interlocuteurs sur la scène internationale.

Signataires : Vincent Peillon, Kader Arif, Jean-Luc Bennahmias, Thijs Berman, Michael Cashman, Daniel Cohn-Bendit, Harlem Désir, Catherine Grèze, Eva Joly, Véronique de Keyser, Kartika Tamara Liotard, Miguel Angel Martinez, Proinsias de Rossa, Judith Sargentini, Marielle de Sarnez, David-Maria Sassoli, Bart Staes, Patrice Tirolien, Patrizia Toia, Catherine Trautmann.

Chômage des jeunes : l’OCDE met en cause les politiques de l’emploi français


Article du Monde

Le chômage des jeune demeure l’un des principaux maux de la société français. Depuis 1977 et le pacte pour l’emploi des jeunes de Raymond Barre, trente ans de politique de l’emploi n’y ont rien fait. Le taux de chômage des 15-24 ans en France se maintient à plus de 18 % en 2008. C’est plus de 7 points au-dessus de la moyenne des autres pays riches, affirme l’OCDE, qui formule des recommandations dans un rapport publié mercredi 20 mai. La crise a fait remonter ce taux à 21,2 % au 4e trimestre 2008, outre-mer inclus, et la France reste 23e sur 30 dans le classement OCDE.

La suite …

Décret sur la rémunération des grands patrons

Le gouvernement vient d’annoncer la parution d’un décret limitant temporairement certaines rémunérations exceptionnelles de très hauts dirigeants dans quelques entreprises qui ont bénéficié d’une aide de l’Etat, dans le cadre des plans de sauvetage des secteurs bancaire et automobile.

Cette annonce est parfaitement insuffisante et ne répond pas aux abus constatés jour après jour.

La parution d’un décret est en effet inadaptée dans la forme. La soi-disant volonté du gouvernement d’aller vite ne peut servir de justification à cette méthode. La loi de finances rectificative est en ce moment en débat à l’Assemblée nationale. Elle aurait pu faire l’objet d’un amendement sur les rémunérations, ce qui n’aurait pas ralenti l’adoption de ces mesures. Le Président de la République et le gouvernement agissent plus par peur d’un débat transparent et contradictoire, y compris au sein de la majorité, que par volonté de limiter les abus.

Ce projet de décret est également profondément choquant sur le fond. En effet, les mesures du décret ne concernent que quelques rares dirigeants dans quelques rares entreprises. Il ne s’attaque qu’à quelques rémunérations exceptionnelles, les stock-options et les bonus, et non à l’ensemble des rémunérations, et il ne le fait que temporairement, pour les deux années qui viennent. Il ne s’agit au fond que d’un décret alibi qui ne s’attaque en rien aux racines du mal.

Au-delà de la question urgente de la rémunération des dirigeants des entreprises aidées par l’Etat, le Parti socialiste souhaite que soit débattue des mesures plus larges sur les modalités de rémunérations dans les entreprises, et que les stock-options soient limitées aux seules entreprises naissantes afin que cessent définitivement les abus, pendant comme après la crise.

Communiqué de Michel SAPIN,
Secrétaire national à l’Economie et à la fiscalité

Exonération des heures supplémentaires : en finir avec cette mesure à contre-emploi !

Par Laurianne Rossi.

WebAnalytics

Après le triste record annoncé en janvier 2009 de 90 000 chômeurs supplémentaires, le mois de février accuse une nouvelle hausse de plus de 80 000 demandeurs d’emploi. Le nombre de chômeurs augmente désormais à un rythme inégalé, atteignant ainsi en deux mois les deux tiers des prévisions officielles pour six mois !

Et il est illusoire d’espérer une inversion rapide de cette tendance : 6 entreprises sur 10 affirment aujourd’hui être directement touchées par la crise, ce qui signifie qu’elles devront prendre demain des décisions sur l’emploi. Pour l’heure, les annonces de plans sociaux se multiplient : Alcatel, Seb, Continental, Total, Goodyear, Fnac, Amora…

Face à une situation aussi alarmiste, le gouvernement refuse de revenir sur le dispositif d’exonérations sociales et fiscales des heures supplémentaires, mis en place par la loi TEPA d’août 2007. Comment peut-il s’entêter à maintenir un tel dispositif, pour un coût annuel de 4,5 milliards d’euros, quand des centaines de milliers de suppressions d’emplois sont annoncées pour les mois qui viennent ?

La France est le seul pays au monde à avoir institué un système de destruction d’emplois financé par des fonds publics ! En effet, le nombre d’heures supplémentaires effectuées a augmenté de près de 40 millions entre le 4e trimestre 2007 et la même période de 2008, soit l’équivalent de 90 000 emplois à temps plein !

Véritable effet d’aubaine pour les entreprises (le recours aux heures supplémentaires devenant moins cher que l’embauche), ce système s’est d’ores et déjà révélé totalement contreproductif en matière de lutte contre le chômage et tout à fait inefficace en termes d’augmentation du pouvoir d’achat. Plus qu’un frein à l’emploi, il s’agit d’une prime à la non-embauche, touchant directement les détenteurs de CDD, les intérimaires et les salariés à temps partiels. Quant à l’amputation des recettes de la sécurité sociale résultant de ces exonérations, ce sont à nouveau les salariés qui devront financer la baisse de cotisations !

Le Parti socialiste réclame depuis plusieurs mois la fin de ce dispositif et l’instauration immédiate de mesures de soutien aux revenus des chômeurs et d’aide à la reconversion : prolongation de 6 mois de la durée d’indemnisation sur la base de 80 % du salaire, extension des contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et allongement de la durée d’indemnisation à deux ans, augmentation du coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs propres actions pour éviter les licenciements de pure convenance.

Quand le gouvernement acceptera-t-il de revenir sur cette politique dont il sait pertinemment qu’elle est une erreur ? Il est urgent d’abroger cette disposition qui, dans le contexte de récession économique actuel, est un véritable facteur d’aggravation du chômage !