Parti Socialiste Boulogne-Billancourt
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La bataille des retraites

Par Xavier DUPLAT, secrétaire de section

Nous sommes face à un paradoxe. La réforme des retraites est considérée par tous comme inévitable : avec 10 % des retraites aujourd’ hui payées à crédit, donc par les générations futures, ne rien faire serait servir une génération et condamner une autre. C’est d’autant plus vrai que les besoins de financement iront croissant, du fait de la démographie et de la hausse attendue de l’espérance de vie. Sur cette base peu contestée, le gouvernement avait la possibilité d’entamer une réforme qui pouvait avec de la concertation recevoir l’assentiment de tous. Il n’en a rien été : nous assistons aujourd’hui avec des millions de manifestants dans les rues à une bataille des retraites. Si elle aboutira probablement à l’adoption du projet gouvernemental, ce projet n’aura pour autant ni convaincu une majorité de français, ni apporté un financement suffisant aux retraites puisqu’il ne va chercher que 60 % des besoins de financements supplémentaires nécessaires à l’horizon 2020.

Hors ce dernier point qui obligera rapidement à de nouveaux ajustements sur les retraites, cette réforme est quadruplement injuste :

Elle est injuste en faisant peser l’effort sur les actifs rentrés tôt sur le marché du travail (44 ans de cotisation si on a travaillé dès 18 ans) : souvent les salariés les plus modestes.

Elle est injuste concernant les femmes. Elles étaient, du fait d’arrêts de carrières liées notamment à la maternité, les plus nombreuses à devoir attendre 65 ans pour toucher leur retraite à taux plein. Elles seront encore les plus nombreuses demain à devoir attendre les 67 ans.

Elle est injuste dans les sources du financement. L’effort de la réforme pèse à plus de 90 % sur les salariés, alors même que la part des bénéfices des sociétés s’est ces 20 dernières années considérablement réorientée vers les actionnaires au dépend des salariés.

Elle est injuste dans son traitement de la pénibilité. Certaines tâches, avec pénibilité physique et exposition à des substances nuisibles induisent une espérance de vie moindre. Il faut pourtant que le salarié soit accidenté avec une invalidité résultante pour pouvoir s’arrêter avant 62 ans. Le seul avantage : dire que la réforme traite de la pénibilité. Les faits : 0,1 % des salariés seulement sont concernés.

Ces éléments font que nous devrons, si vous nous faites confiance en 2012, faire une contre-réforme. Les efforts demandés seront importants, mais avec une autre vision de l’équité. Notre projet permet un financement global jusqu’à 2020, afin de préserver nos jeunes générations. Les revenus du capital participent davantage au financement. Les faiblesses ci-avant énoncées sont traitées.
Dans un pays qui rencontre des difficultés, le transformer en champ de bataille par manque d’écoute est irresponsable. Quand les irresponsables sont nos responsables, quand des slogans comme « Parce que je le vaux bien » évoquent plus l’indécence du fric-roi que la crème anti-ride, un changement d’époque apparaît plus que jamais nécessaire. Vous seuls pouvez le décider.